Un objet connecté reste branché 8 760 heures par an, même quand il ne sert pas. Cet article chiffre la veille et l'usage d'une quinzaine d'appareils courants, calcule leur coût annuel à 0,20 euro le kilowattheure, et compare une ampoule LED connectée à une ampoule classique de même flux lumineux.
En bref
- 1 W consommé en permanence représente 8,76 kWh et 1,75 euro par an à 0,20 euro le kilowattheure : c’est le seul calcul à retenir.
- Une installation de 30 appareils tire 25 à 40 W en permanence, soit 220 à 350 kWh et 44 à 70 euros par an, dont le routeur et son répéteur représentent souvent 40 %.
- Une ampoule LED connectée coûte environ 0,84 euro de plus par an qu’une LED classique de même flux, et 10,55 euros de moins qu’une ampoule à incandescence de 60 W.
Un watt permanent, 1,75 euro par an : le calcul qui sert à tout
Une année compte 8 760 heures. Un appareil qui consomme 1 W sans interruption consomme donc 8,76 kWh par an. À 0,20 euro le kilowattheure toutes taxes comprises, ordre de grandeur d’un tarif résidentiel français, cela représente 1,75 euro par an. Ce chiffre unique convertit n’importe quelle puissance de veille en euros : 0,5 W coûte 0,88 euro, 3 W coûtent 5,25 euros, 10 W coûtent 17,50 euros.
Pour un appareil utilisé quelques heures par jour, il faut séparer deux lignes de calcul. La puissance de veille s’applique aux heures où l’appareil ne fait rien (souvent 20 à 23 heures sur 24), la puissance en usage s’applique au reste. Une ampoule connectée de 9 W allumée 3 heures par jour consomme 9,86 kWh en éclairage et 3,07 kWh en veille, soit 12,93 kWh et 2,59 euros par an.
Le point de repère à garder en tête est la consommation électrique spécifique d’un logement, c’est-à-dire hors chauffage et hors eau chaude : environ 2 500 kWh par an pour un foyer de trois personnes. Une installation connectée bien fournie pèse 220 à 350 kWh, soit 9 à 14 % de ce total. Ni négligeable, ni dramatique, mais cela mérite d’être mesuré plutôt que supposé.
Appareil par appareil, ce que dit la prise
Les valeurs retenues ici correspondent aux plages annoncées dans la documentation technique de ce type de matériel et à ce que l’on relève avec une prise mesureuse. Elles varient de 20 à 30 % d’un modèle à l’autre, mais les ordres de grandeur restent stables : sous 1 W pour un module simple, 1,5 à 3 W pour un appareil qui garde une électronique active en permanence, 8 à 12 W pour un équipement réseau.
Au-delà des sept appareils détaillés dans le tableau, voici les repères qui manquent le plus souvent dans un logement équipé.
Deux constats sautent aux yeux. Le premier : l’équipement réseau domine largement. Un routeur à 10 W et un répéteur à 4 W représentent à eux seuls 122 kWh et 24,50 euros par an, souvent plus que l’ensemble des ampoules, prises et capteurs réunis. Le second : les appareils qui traitent de l’image ou du son en continu consomment 10 à 20 fois plus qu’un module d’éclairage, parce qu’ils ne dorment jamais vraiment.
- Thermostat connecté : 0,6 W en veille, 1,2 W en régulation, 6 à 8 kWh par an, 1,20 à 1,60 euro
- Motorisation de volet roulant : 0,5 W au repos, 60 à 120 W pendant les 20 à 25 secondes de course, environ 5 kWh par an, 1 euro
- Ruban LED connecté de 5 m : 0,5 W en veille, 24 W allumé, 30 kWh par an à 3 heures d’usage quotidien, 6 euros
- Aspirateur robot sur sa base : 2 à 3 W en charge d’entretien, 20 à 26 kWh par an, 4 à 5,20 euros
- Routeur Wi-Fi : 8 à 12 W en continu, 70 à 105 kWh par an, 14 à 21 euros
- Répéteur ou point d’accès supplémentaire : 3 à 5 W, 26 à 44 kWh par an, 5,20 à 8,80 euros
- Téléviseur en veille en réseau : 0,5 à 2 W, 4 à 17 kWh par an, 0,80 à 3,40 euros
- Lave-linge ou four connecté en veille en réseau : 0,5 à 1 W, 4 à 9 kWh par an, 0,80 à 1,80 euro

Veille, usage et coût annuel des appareils connectés les plus courants
| Appareil | Puissance en veille | Puissance en usage | Hypothèse d'usage | Consommation annuelle | Coût annuel à 0,20 euro/kWh |
|---|---|---|---|---|---|
| Ampoule LED connectée (806 lm) | 0,4 W | 9 W | 3 h par jour | 12,93 kWh | 2,59 euros |
| Prise connectée Wi-Fi | 0,7 W | 0,9 W | Branchée en permanence | 6,6 kWh | 1,32 euro |
| Interrupteur connecté encastré | 0,3 W | 0,5 W | Branché en permanence | 2,8 kWh | 0,56 euro |
| Enceinte connectée | 2 W | 3,5 W | 2 h de lecture par jour | 18,7 kWh | 3,74 euros |
| Caméra intérieure connectée | 2,5 W | 4 W | Flux continu, 3 W en moyenne | 26,3 kWh | 5,26 euros |
| Pont Zigbee ou box domotique | 1,5 W | 2 W | Allumé en permanence | 14,5 kWh | 2,90 euros |
| Capteur de température sur pile | 0,0002 W | 0,0002 W | Remontée toutes les 10 minutes | 0,0018 kWh | Moins de 0,01 euro |
La veille, 24 heures sur 24 : la moitié invisible
Un appareil connecté ne s’éteint jamais complètement, puisqu’il doit rester joignable. Cette veille en réseau est plus gourmande que la veille classique, car elle maintient une radio active et une association avec le routeur ou le pont. Les règles européennes d’écoconception la plafonnent à 2 W pour la plupart des appareils domestiques, et à 0,5 W pour l’arrêt simple.
La part qu’occupe cette veille dépend entièrement du temps d’usage. Pour une ampoule allumée 3 heures par jour, elle représente 3,07 kWh sur 12,93, soit 24 % du total. Pour une prise connectée qui pilote une lampe, elle représente 100 % de sa propre consommation, puisque la prise ne consomme rien d’autre que son électronique. Pour une caméra qui filme en continu, la notion de veille disparaît : la puissance moyenne de 3 W s’applique aux 8 760 heures de l’année.
L’erreur classique consiste à raisonner appareil par appareil et à conclure que 0,4 W ne compte pas. C’est vrai à l’unité (0,70 euro par an) et faux à l’échelle du logement. Dix ampoules, six prises, trois interrupteurs, deux enceintes, deux caméras, un pont et un thermostat totalisent environ 20 W de veille permanente hors équipement réseau, soit 177 kWh et 35 euros par an, avant même d’avoir allumé quoi que ce soit. Ajoutez le routeur et son répéteur, et le total passe à 34 W, 300 kWh et 60 euros.
Ampoule LED connectée ou ampoule classique : l'écart chiffré
Comparons trois ampoules qui produisent le même flux, 806 lumens, l’équivalent lumineux d’une ancienne ampoule de 60 W. L’incandescence consomme 60 W, la LED simple 8 W (environ 100 lm/W), la LED connectée 9 W (environ 90 lm/W, l’électronique radio et le pilotage de la variation coûtant près de 1 W). La LED connectée ajoute par ailleurs une veille de 0,3 à 0,5 W, présente 21 heures par jour.
Sur une base de 3 heures d’allumage quotidien, soit 1 095 heures par an, les résultats se lisent sans ambiguïté : l’incandescence consomme 65,7 kWh et coûte 13,14 euros, la LED simple 8,76 kWh et 1,75 euro, la LED connectée 12,93 kWh et 2,59 euros. L’écart entre les deux LED s’établit donc à 0,84 euro par an, soit 48 % de plus, tandis que l’écart avec l’incandescence reste de 10,55 euros par an en faveur de la version connectée.
Deux nuances utiles. La première : plus l’ampoule est allumée longtemps, moins la veille pèse. À 6 heures par jour, elle ne représente plus que 12 % du total annuel. La seconde : la variation d’intensité joue dans l’autre sens. Une ampoule réglée à 70 % de son flux consomme environ 6,5 W au lieu de 9 W, ce qui économise 2,74 kWh par an et compense l’essentiel de la veille dès 3 heures d’usage quotidien.

Les appareils sur pile : électricité quasi nulle, piles bien réelles
Un capteur Zigbee ou Thread sur pile consomme 2 à 5 µA au repos et 30 à 40 mA pendant les 3 à 5 millisecondes d’une émission. Sa consommation moyenne tourne autour de 0,2 mW, soit 0,0018 kWh par an : moins d’un centime sur toute sa durée de vie. Sur la facture d’électricité, ces appareils sont tout simplement invisibles.
Le coût réel se situe ailleurs, dans les piles. Une paire de piles AAA tient 2 à 3 ans, une pile bouton tient 12 à 24 mois. À 1 à 1,50 euro la pile bouton et 0,50 euro la AAA, un capteur revient donc à 0,50 à 1 euro par an en consommables, soit davantage que s’il était alimenté sur secteur à 0,3 W (0,53 euro par an). L’intérêt de la pile n’est pas l’économie, c’est la liberté de placement.
Deux facteurs allongent nettement l’autonomie. L’intervalle de remontée d’abord : un capteur qui transmet toutes les 10 minutes tient deux à trois fois plus longtemps que le même réglé sur une minute. La température ensuite : une pile exposée à 0 °C dans un garage ou sur un rebord de fenêtre perd 30 à 50 % de sa capacité utile, ce qui transforme 24 mois annoncés en 12 à 15 mois réels.
Réduire de 30 à 40 % la consommation permanente
Le premier levier concerne l’équipement réseau, parce qu’il pèse le plus lourd. Supprimer un répéteur devenu inutile après un changement de routeur économise 3 à 5 W, soit 5,25 à 8,80 euros par an. Passer de deux ponts domotiques à un seul économise 1,5 à 2 W, soit 2,60 à 3,50 euros par an, et simplifie au passage la maintenance.
Le deuxième levier est le choix du protocole sur les appareils fixes. Un module Zigbee ou Thread sur secteur consomme 0,2 à 0,5 W quand son équivalent Wi-Fi consomme 0,5 à 1 W. Sur dix appareils, l’écart moyen de 0,5 W représente 43,8 kWh et environ 8,80 euros par an, pour un service strictement identique.
Le troisième levier est le regroupement. Une prise connectée consomme elle-même 0,7 W : elle n’a d’intérêt que si elle supprime une veille supérieure à 1 W, et elle ne s’amortit vraiment qu’au-delà de 5 W supprimés. Un poste de travail (écran, enceintes, imprimante, chargeurs) qui laisse 12 W en veille devient un bon candidat : 11,3 W nets économisés, 99 kWh, 19,80 euros par an, pour une prise à 15 euros amortie en moins d’un an.
Reste la mesure, sans laquelle tout le reste est de l’estimation. Beaucoup de prises mesureuses ont un plancher de 0,5 à 3 W et une précision correcte seulement au-dessus de 10 W : en dessous, leurs relevés instantanés ne veulent rien dire. La bonne méthode consiste à lire le compteur cumulé en kilowattheures après 24 à 72 heures, ou à mesurer un groupe d’appareils plutôt qu’un module isolé.
Questions fréquentes
Combien coûte un objet connecté laissé branché toute l'année ?
Multipliez sa puissance de veille en watts par 1,75. Un module à 0,4 W coûte 0,70 euro par an, une enceinte à 2 W coûte 3,50 euros, une caméra à 3 W coûte 5,25 euros, un routeur à 10 W coûte 17,50 euros.
Débrancher ses appareils connectés la nuit change-t-il quelque chose ?
Huit heures sur vingt-quatre représentent 33 % de la veille. Sur un module à 0,4 W, l’économie plafonne à 0,23 euro par an, et l’appareil devient injoignable au réveil. Le gain ne justifie pas la contrainte.
Une ampoule connectée consomme-t-elle beaucoup plus qu'une LED classique ?
Environ 0,84 euro de plus par an à 3 heures d’usage quotidien : 1 W supplémentaire à l’allumage et 0,4 W de veille permanente. L’écart se réduit nettement si l’ampoule est souvent utilisée à intensité réduite.
Le Zigbee consomme-t-il vraiment moins que le Wi-Fi ?
Sur secteur, 0,2 à 0,5 W contre 0,5 à 1 W, soit environ 0,88 euro d’écart par appareil et par an. Sur pile, l’écart est sans commune mesure : 2 à 3 ans d’autonomie contre quelques semaines.
Comment mesurer une veille inférieure à 1 W ?
Une prise mesureuse affiche rarement une valeur fiable sous 2 W. Relevez plutôt le compteur cumulé après 48 heures : 0,02 kWh sur cette durée correspond à une veille moyenne de 0,42 W.
