Une lumière qui s'éteint pendant que vous lisez, une fenêtre restée ouverte sans que le radiateur s'en aperçoive : la plupart des déceptions en domotique viennent d'un mauvais choix de technologie, pas d'un mauvais réglage. Contact magnétique, infrarouge passif et radar à ondes millimétriques ne détectent pas la même chose, ne se posent pas au même endroit et ne se consomment pas de la même façon. Voici les portées, les angles, les autonomies et les prix réels pour trancher pièce par pièce.
En bref
- Un contact magnétique bascule quand l’aimant s’éloigne de 15 à 25 mm du boîtier et tient 2 à 3 ans sur une pile bouton CR2032.
- Un capteur infrarouge passif couvre 5 à 7 m sur 90 à 120 degrés, mais cesse de confirmer la présence d’une personne assise immobile au bout de 30 secondes à 5 minutes.
- Un radar 60 GHz repère des micro-mouvements de 1 à 3 mm jusqu’à 6 à 8 m, au prix d’une alimentation permanente de 0,5 à 2 W, soit environ 2,60 euros d’électricité par an.
Trois technologies qui ne répondent pas à la même question
Un capteur d’ouverture répond à une question binaire : le battant est-il en place ou non. Un capteur infrarouge passif répond à une autre question : quelque chose de plus chaud que le décor a-t-il traversé mon champ dans les dernières secondes. Un radar à ondes millimétriques répond à une troisième : y a-t-il un corps dans ce volume, même parfaitement immobile. De loin, ces trois questions se ressemblent. Une fois le capteur posé au mur, elles produisent des comportements radicalement différents.
La conséquence pratique est simple. Dans un couloir que l’on traverse en trois secondes, l’infrarouge passif suffit et coûte 12 à 25 euros. Dans un bureau où l’on reste assis 40 minutes sans se lever, seul le radar tient la distance. Sur une fenêtre, aucun des deux n’apporte l’information utile : le contact magnétique donne l’état du battant pour 10 à 20 euros, sans câble et sans réglage d’orientation.
L’échelle de complexité suit l’échelle de prix. Le contact magnétique se pose en deux minutes avec de l’adhésif double face. L’infrarouge passif demande un choix de hauteur, d’inclinaison et de temporisation. Le radar demande une alimentation permanente, un réglage de portée et souvent une semaine d’ajustements avant de se faire complètement oublier.
Le contact magnétique : simple, durable, sans surprise
Le principe date des années 1930 et n’a pas changé : une lame souple enfermée sous verre se ferme en présence d’un petit aimant. Deux éléments sont donc à poser, le boîtier électronique de 45 à 70 mm sur le dormant et l’aimant de 10 à 40 mm sur l’ouvrant. Le basculement se produit quand l’écart atteint 15 à 25 mm selon les modèles, avec une tolérance latérale de 5 à 10 mm. En dessous de cet écart, l’état reste à fermé, ce qui évite de signaler une fenêtre qui joue de 3 mm dans son cadre.
Côté énergie, c’est la technologie la plus économe du catalogue domotique. Une pile CR2032 de 3 V et 210 à 240 mAh alimente un capteur radio basse consommation pendant 2 à 3 ans à raison de 20 ouvertures par jour, parce que l’électronique dort en permanence et ne se réveille que sur changement d’état. Les versions Wi-Fi, qui doivent se réassocier au réseau à chaque réveil, descendent à 4 à 10 mois sur deux piles AAA pour le même usage.
Les usages réellement utiles tournent autour du confort thermique et de la ventilation. Couper un radiateur 60 secondes après l’ouverture d’une fenêtre évite de chauffer l’extérieur. Recevoir un rappel quand un battant reste ouvert plus de 10 minutes alors qu’il fait moins de 8 °C dehors fait gagner quelques dizaines de kilowattheures par hiver. Déclencher un éclairage de placard pendant 5 secondes ou lancer la ventilation de la buanderie relève de la même logique.
Deux limites méritent d’être connues. Sur une porte métallique ou un châssis aluminium, la masse métallique perturbe le champ et fait tomber l’écart de basculement à 8 ou 12 mm : une entretoise en plastique de 5 à 10 mm rétablit le fonctionnement. Et dans une pièce non chauffée, une pile lithium bouton perd 30 à 50 % de sa capacité utile en dessous de -10 °C, ce qui ramène l’autonomie d’un capteur de garage à 12 ou 18 mois.

Les trois technologies comparées, chiffres de documentation technique
| Technologie | Ce qu'elle détecte | Portée utile | Angle de couverture | Autonomie ou alimentation | Prix indicatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Contact magnétique Zigbee | L'état ouvert ou fermé d'un battant, bascule à 15 à 25 mm | Contact direct, aimant à moins de 25 mm | Sans objet | Pile CR2032, 2 à 3 ans | 10 à 20 € |
| Contact magnétique avec inclinaison | Ouverture, plus un angle d'inclinaison de 0 à 90° | Contact direct | Sans objet | Pile CR2032, 18 à 30 mois | 15 à 25 € |
| Infrarouge passif mural sur pile | Un corps plus chaud de 2 à 4 °C qui traverse le champ | 5 à 7 m posé à 2,2 m | 90 à 120° | Pile CR2450, 12 à 24 mois | 12 à 25 € |
| Infrarouge passif de plafond | Même principe, vue du dessus | Cercle de 4 à 6 m de diamètre à 2,5 m | 360° | Pile CR2450 ou secteur 5 V | 15 à 30 € |
| Radar 24 GHz | Présence immobile, micro-mouvements de 5 à 10 mm | 6 à 8 m en présence, 8 à 10 m en mouvement | 90 à 120° | Secteur 5 V, 0,5 à 1,5 W | 20 à 35 € |
| Radar 60 GHz | Présence immobile, micro-mouvements de 1 à 3 mm | 5 à 7 m, découpage par tranches de 0,75 m | 60 à 100° | Secteur 5 V, 0,8 à 2 W | 28 à 45 € |
| Capteur combiné infrarouge et radar | Mouvement confirmé par deux principes distincts | 5 à 7 m | 100 à 120° | Secteur 5 V, 1 à 2 W | 35 à 55 € |
L'infrarouge passif : pourquoi la lumière s'éteint quand vous ne bougez plus
Un capteur infrarouge passif ne voit pas la chaleur, il voit une variation de chaleur. Derrière la petite bulle blanche se cache une lentille de Fresnel qui découpe le champ en 20 à 40 zones alternées. Le capteur pyroélectrique signale un mouvement seulement lorsqu’un corps présentant un contraste thermique de 2 à 4 °C avec l’arrière-plan passe d’une zone à la suivante. Sans franchissement de zone, il ne se passe rien, quelle que soit la présence dans la pièce.
Les portées annoncées sont atteintes dans de bonnes conditions. Un modèle mural posé à 2,2 m couvre 5 à 7 m sur 90 à 120 degrés. Un modèle de plafond à 2,5 m couvre un cercle de 4 à 6 m de diamètre sur 360 degrés. En été, quand la pièce atteint 28 à 30 °C, le contraste thermique se réduit et la portée utile chute de 20 à 30 %, ce qui explique les détections tardives de juillet sur un capteur qui fonctionnait parfaitement en février.
Vient alors le comportement qui agace tout le monde. Après une détection, le module observe un temps d’aveuglement de 3 à 8 secondes, puis l’automatisation maintient l’éclairage pendant une temporisation de 30 secondes à 5 minutes. Une personne assise qui tourne une page ou tape au clavier bouge sur quelques centimètres, sans franchir de zone : aucun nouveau signal ne remonte, la temporisation arrive à son terme et la lumière s’éteint. Ce n’est pas un défaut du capteur, c’est sa définition même.
Trois corrections existent. Allonger la temporisation à 10 ou 15 minutes règle le symptôme, au prix d’un éclairage de 9 à 30 W maintenu inutilement plusieurs heures par jour. Réorienter le capteur pour que les déplacements le traversent perpendiculairement plutôt que de face améliore la sensibilité d’un facteur 2 à 3, car le franchissement de zones devient beaucoup plus fréquent. La troisième correction consiste à changer de technologie dans les pièces où l’on reste assis.
Le radar à ondes millimétriques : détecter une personne immobile
Le radar domestique travaille en bande 24 GHz (24,00 à 24,25 GHz) ou 60 GHz (57 à 64 GHz). Il émet quelques milliwatts et compare la phase du signal renvoyé : un déplacement de quelques millimètres suffit à décaler cette phase. La bande 60 GHz offre une résolution plus fine, de l’ordre de 1 à 3 mm, quand la bande 24 GHz descend à 5 à 10 mm mais traverse mieux les matériaux légers. Dans les deux cas, une personne assise, immobile en apparence, reste détectée.
Les valeurs de réglage sont assez stables d’un modèle à l’autre. Comptez 6 à 8 m de portée en mode présence, 8 à 10 m en mode mouvement, un angle de 60 à 120 degrés et un découpage en tranches de distance de 0,75 m que l’on active ou désactive une par une. La latence d’entrée se situe entre 0,3 et 1 seconde, la latence de sortie entre 5 et 30 secondes, et le temps de maintien se règle de 2 secondes à 30 minutes.
L’alimentation permanente est la contrepartie. Le module radar seul consomme 30 à 100 mA sous 5 V, soit 0,15 à 0,5 W, et l’ensemble avec sa liaison radio monte à 0,5 à 2 W. Un appareil qui tire 1,5 W en continu consomme 13 kWh par an, soit environ 2,60 euros au tarif de 0,20 euro le kilowattheure. Aucune pile bouton ne tient ce régime : prévoyez une prise ou une sortie USB à proximité.
Le réglage initial demande un peu de méthode. Laissez la pièce vide 2 à 5 minutes pour la calibration, puis parcourez le périmètre en notant à partir de quelle tranche de distance le capteur réagit. Réduisez ensuite la portée à 4 m dans un bureau ou des toilettes : la majorité des faux positifs disparaît d’un coup, car le radar cesse de voir le couloir, la pièce voisine derrière une cloison de 7 à 10 cm de plaque de plâtre ou le lave-linge en essorage à 1 200 tours par minute.

Faux déclenchements et angles morts : les causes réelles
Sur l’infrarouge passif, la première cause de déclenchement parasite est thermique. Un radiateur qui monte en température à moins de 2 m du capteur, une tache de soleil qui se déplace sur le parquet, un courant d’air qui fait onduler un rideau devant une source chaude : tout cela crée le contraste mobile que le capteur cherche. À l’inverse, un vitrage arrête l’infrarouge lointain, ce qui explique qu’un capteur ne réagisse jamais aux passants derrière la fenêtre. Un animal de 4 à 8 kg au ras du sol, lui, déclenche presque toujours si la lentille couvre la zone basse.
Sur le radar, les parasites sont mécaniques. Un ventilateur de plafond, un rideau soulevé par une bouche de ventilation, une plante agitée par le flux d’un appareil de chauffage produisent exactement le type de micro-déplacement recherché. La correction passe d’abord par le filtrage de distance, ensuite par une baisse de sensibilité de 20 à 30 %, rarement par un changement d’emplacement. Un radar posé à 2,2 m et incliné de 15 degrés vers le bas voit mieux les zones d’assise et moins le plafond.
Sur le contact magnétique, les défauts viennent presque toujours de la pose. Un décalage latéral supérieur à 10 mm entre l’aimant et le boîtier, une porte en bois qui gonfle de 3 à 5 mm en saison humide, un adhésif posé sur un support poussiéreux à moins de 10 °C : les états intermittents s’expliquent dans 90 % des cas par l’un de ces trois points.
- Ne jamais poser un capteur infrarouge au-dessus d’un radiateur, d’un four ou d’une bouche d’air chaud.
- Viser un axe de passage perpendiculaire plutôt que frontal pour l’infrarouge.
- Limiter la portée radar à la profondeur réelle de la pièce, souvent 3 à 4 m.
- Vérifier l’écart aimant et boîtier à moins de 10 mm, avec entretoise sur support métallique.
- Dépoussiérer la lentille une fois par an : un insecte ou un voile de poussière suffit à créer des déclenchements aléatoires.
Le bon capteur pièce par pièce, et ce qu'il coûte sur cinq ans
La règle tient en une phrase : infrarouge pour les lieux de passage, radar pour les lieux de station, magnétique pour les ouvrants. Appliquée à un logement de 70 m², elle donne une répartition très concrète.
Sur cinq ans, le calcul reste modeste. Six contacts magnétiques à 15 euros représentent 90 euros d’achat et une douzaine de piles CR2032 à 1,20 euro, soit environ 105 euros au total. Trois capteurs infrarouges à 18 euros et leurs piles CR2450 montent à 70 euros. Deux radars à 35 euros coûtent 70 euros à l’achat, plus 2,60 euros d’électricité par an et par unité, soit 26 euros de consommation sur la période. L’écart entre un parc entièrement infrarouge et un parc mixte reste inférieur à 100 euros sur cinq ans, pour un confort d’usage sans commune mesure.
Le protocole radio pèse autant que la technologie sur l’autonomie. Un capteur Zigbee ou Thread envoie un message de quelques dizaines d’octets et se rendort en moins de 50 millisecondes, ce qui explique des autonomies de 18 à 36 mois. Le même capteur en Wi-Fi doit rejoindre le réseau à chaque réveil, opération qui tire 150 à 250 mA pendant 2 à 4 secondes. Comptez 10 à 15 m de portée radio en intérieur à travers une ou deux cloisons, chaque appareil alimenté sur secteur servant de relais dans le réseau maillé.
- Entrée et couloir : infrarouge passif mural à 2,2 m, temporisation 90 secondes.
- Escalier : deux capteurs infrarouges, un par palier, temporisation 45 secondes.
- Bureau et salon : radar 60 GHz limité à 4 m, temporisation 3 minutes.
- Toilettes et buanderie : radar 24 GHz ou capteur combiné, temporisation 2 minutes.
- Salle de bains : capteur posé hors de la zone de douche et de baignoire, modèle donné pour 0 à 85 % d’humidité relative.
- Fenêtres et portes-fenêtres : contact magnétique, avec coupure du radiateur au bout de 60 secondes.
- Cellier, garage et abri de jardin : contact magnétique avec pile lithium spécifiée jusqu’à -20 °C.
Questions fréquentes
Pourquoi la lumière s'éteint-elle alors que je suis dans la pièce ?
Parce qu’un capteur infrarouge passif ne signale que les franchissements de zones de sa lentille. Assis, vous bougez de quelques centimètres, ce qui ne suffit pas à relancer la temporisation de 30 secondes à 5 minutes. Deux solutions : allonger la temporisation à 10 ou 15 minutes, ce qui laisse 9 à 30 W allumés inutilement, ou passer à un capteur radar qui détecte des micro-mouvements de 1 à 10 mm.
Un capteur radar voit-il à travers les murs ?
Il traverse partiellement les matériaux légers. Une cloison de plaque de plâtre de 7 à 10 cm, une porte en bois plein de 40 mm ou un rideau épais ne l’arrêtent pas complètement, surtout en 24 GHz. Un mur en béton de 16 cm ou une paroi carrelée le bloquent. La parade consiste à désactiver les tranches de distance au-delà de la profondeur réelle de la pièce, souvent 3 à 4 m.
Combien de temps tient réellement une pile de capteur ?
Sur un contact magnétique Zigbee sollicité 20 fois par jour, une CR2032 de 210 à 240 mAh tient 2 à 3 ans. Sur un capteur infrarouge très sollicité dans un couloir, une CR2450 de 600 à 620 mAh descend à 12 à 18 mois. En Wi-Fi, comptez 4 à 10 mois sur deux piles AAA. Le froid réduit ces durées de 30 à 50 % en dessous de -10 °C.
Puis-je installer un capteur de mouvement dans une salle de bains ?
Oui, à condition de le poser hors de la zone de douche et de baignoire, et de vérifier la plage d’humidité admissible, généralement 0 à 85 % sans condensation. Après une douche, l’humidité relative monte à 65 à 85 % pendant 20 à 40 minutes : un capteur placé au plafond juste au-dessus du bac accumule la condensation et finit par donner des mesures instables.
Faut-il un capteur par pièce ou un par zone ?
Un capteur couvre correctement un volume de 15 à 25 m² d’un seul tenant. Dès qu’une cloison, un angle ou un meuble de plus de 1,20 m coupe le champ, il faut un second capteur. Dans un séjour en L de 35 m², deux capteurs réglés avec une temporisation identique donnent un résultat bien plus stable qu’un seul capteur poussé à sa portée maximale de 7 m.
